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Theresa May va former un nouveau gouvernement

Theresa May va former un nouveau gouvernement”

Au lendemain des élections législatives britanniques, la Première ministre Theresa May a été désavouée dans les urnes alors que son gouvernement a perdu la majorité absolue dont il disposait au Parlement. Michel Barnier, le chef des négociations pour le Brexit a fait savoir que Bruxelles attendrait que le Royaume-Uni soit prêt avant de se mettre à la table des négociations. "Unisson nos efforts pour conclure un accord", a-t-il également ajouté sur Twitter. Le vétéran barbu de 68 ans a appelé à "un Brexit qui protège les emplois", assurant que le processus de sortie de l'Union européenne "devait se poursuivre" et que son parti était "prêt à mener les négociations au nom du pays".

Le chef du gouvernement irlandais, qui doit laisser sa place à son successeur la semaine prochaine, a prévenu Mme May que "rien ne doit remettre en cause l'Accord du Vendredi saint" qui a mis fin en 1998 à trente ans de violences en Irlande du nord. Les conservateurs sont arrivés en tête du scrutin mais ont perdu une douzaine de sièges, tandis que l'opposition travailliste en a gagné une trentaine, selon les résultats quasi-définitifs, entrainant des demandes de démission de Theresa may. Elle espérait avoir les coudées franches pour négocier un Brexit "dur" avec les 27 à partir du 19 juin, un an après le referendum pour la sortie de l'Union européenne.

La Première ministre britannique Theresa May a perdu la majorité absolue au Parlement mais assure qu'elle "mènera à bien le Brexit".

"C'est un désastre pour Theresa May". À Paris? Le Premier ministre Edouard Philippe a jugé pour sa part que ces résultats, "une forme de surprise", ne remettaient pas "en cause" la procédure de divorce. " Si le Parti conservateur a remporté le plus de sièges et probablement le plus grand nombre de voix, il nous incombera de faire en sorte que nous ayons cette période de stabilité et c'est ce que nous ferons ".

Un nouveau Parlement mais pas de nouveau gouvernement au Royaume-Uni après les élections.

À quelques jours de l'ouverture des négociations sur le Brexit, le soutien des dix élus du DUP, parti régionaliste protestant ultra-conservateur, était indispensable pour offrir une majorité de gouvernement aux conservateurs de Mme May, qui ont subi jeudi un échec cinglant.

"'C'est assez catastrophique, c'est une très mauvaise nouvelle pour Nicola Sturgeon [la Première ministre écossaise] et sa revendication d'un deuxième référendum' sur l'indépendance de l'Ecosse", estime Iain Begg, enseignant-chercheur attaché à l'Institut européen de la London School of Economics [Le Monde]. Les Libéraux-Démocrates, seul parti résolument europhile, gagne 4 sièges à 12 mandats, selon ces résultats.

On ignore pour l'heure s'il s'agira d'une formation de coalition ou d'un gouvernement minoritaire, mais les choses s'annoncent compliquées pour Theresa May, plus fragile que jamais alors qu'elle s'apprête à entamer les négociations du Brexit. Mais le parti unioniste "préfère éviter le scénario du + pas d'accord vaut mieux qu'un mauvais accord +", évoqué par la dirigeante, explique Stephen Booth, politologue du cercle de réflexion Open Europe.

Pas de quoi pousser donc les entreprises à se précipiter pour lancer d'ambitieux plans de développement ou de recrutement dans le pays, d'autant plus que les conditions d'accès futur au marché unique - négociées dans le cadre du Brexit - sont encore des plus floues. "Elle est donc dans une situation moins simple", a déclaré Pierre Moscovici, commissaire européen aux Affaires économiques et financières [Le Figaro].



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