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Les époux Jacob sont-ils les ravisseurs — Affaire Grégory

Marcel Jacob a été écroué tout comme sa femme, Jacqueline, pour enlèvement et séquestration suivie de mort, 32 ans après le meurtre du petit Gregory Villemin, un enfant de 4 ans.

La grand-tante et le grand-oncle de Grégory Villemin, assassiné en 1984 à l'âge de quatre ans, ont été mis en examen vendredi pour enlèvement et séquestration suivie de la mort de l'enfant.

Une nouvelle analyse des écritures a désigné Jacqueline Jacob comme l'auteur d'une lettre de menace envoyée en 1983 aux parents de Grégory.

Le procureur général de Dijon a affirmé que les personnes ayant enlevé Grégory sont " les auteurs du crime", mais il n'est pas encore possible de confirmer avec certitude si la mort de l'enfant était volontaire ou accidentelle. Marcel Jacob, quant à lui, a déjà été soupçonné, durant la procédure, d'avoir endossé le rôle du "corbeau ". 2. Ils ont été placés en incarcération provisoire, pour éviter tous "contacts " et "pressions " qui pourraient nuire à l'enquête, a expliqué le procureur.

Quels sont les éléments d'enquête nouveaux qui ont permis d'aboutir à ces mises en examen? Le procureur, à ce stade, ne l'a pas explicitement dit. Elle n'a par la suite pas été davantage inquiétée malgré la proximité des liens du couple avec Bernard Laroche, l'un des principaux suspects à l'époque.

- Sur les trois lettres de 1983, l'une d'entre elles "au moins", aurait été écrite par Jacqueline Jacob.

Cette affaire, qui est l'une des plus énigmatiques de l'histoire criminelle en même temps qu'un fait-divers très suivi par les médias et l'opinion, se concentre depuis le départ sur cette famille nombreuse, marquée par les rivalités et les jalousies. Une lettre anonyme avait fait état d'une altercation entre deux frères de Jean-Marie dont il avait été le seul témoin. Il a même jugé "criminel de jeter en pâture le nom du couple" Jacob lorsque l'on n'a, selon lui, "aucun élément scientifique" et "aucun élément matériel".

C'est un rebondissement majeur dans cette affaire qui a tenu en haleine la France pendant trois décennies, fait l'objet de 3.000 articles de presse, une cinquantaine de travaux universitaires, un téléfilm et une quinzaine d'ouvrages. Le procureur voit aussi dans l'attitude du couple, qui nie le conflit ou certains rapports verbaux violents entre eux et les Villemin, une preuve de leur mauvaise foi qui, selon lui, les accuse. Dans leur tâche, les Jacob auraient été aidés par Bernard Laroche.

L'énigme n'est pas encore résolue, mais plus de trente-deux ans après la mort du petit Grégory, l'enquête prend une tournure inattendue.

" Bernard Laroche est mort".

Une belle-soeur du père de Grégory, Ginette Villemin, avait également été placée en garde à vue mercredi avant d'être remise en liberté jeudi. D'un caractère affirmé, cet ouvrier était en mauvais termes avec Albert Villemin, le mari de sa grande sœur Monique, et surtout avec leur fils Jean-Marie, père de Grégory, dont il considérait l'ascension sociale illégitime.

La grand-tante de Grégory Villemin Jacqueline Jacob, âgée de 73 ans, "est fatiguée et usée par 48 heures de garde à vue et de pression", assure son avocat qui invoque "le droit fondamental de se taire protégé par la Cour européenne des Droits de l'Homme".

Une autre lettre revendiquant le meurtre de l'enfant postée avant la découverte du corps, invoquait une "vengeance".



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