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Le point à 17h — Grande-Bretagne

Le point à 17h — Grande-Bretagne”

Article mis à jour au fil des dernières informations disponibles.

C'est un échec personnel pour la Première ministre, qui avait convoqué ces élections législatives anticipées en comptant en obtenir une majorité renforcée pour les négociations cruciales sur le Brexit avec l'Union européenne, le 19 juin.

De nombreux analystes cependant estimaient lundi que Mme May pourrait être contrainte d'abandonner l'idée d'un Brexit "dur" et de devoir maintenir le pays dans l'union douanière et le marché unique européen.

Les conservateurs avaient une majorité absolue avec une petite marge, mais ils craignaient des frondes. C'est 8 de moins que la majorité absolue. Elle devrait finalement en perdre aux alentours d'une dizaine ou d'une quinzaine. A l'inverse, les Travaillistes de Jeremy Corbyn font une belle affaire en récupérant plus de 260 sièges. Il peut être satisfait. Alors que le parti bénéficiait de 331 sièges depuis 2015, il n'en aura plus que 318 désormais.

Le leader travailliste de 68 ans, fine barbe et cheveux blancs, a proposé un programme résolument à gauche et mené une campagne électorale tambour battant, en vieux routier et ex-militant syndicaliste qu'il est, tandis que sa rivale Theresa May décevait dans l'exercice. Cette tactique a échoué et son message a été rejeté par l'électorat. Car le Labour mène aussi des négociations acharnées avec de potentiels alliés, au premier rang desquels le Parti national écossais (SNP) qui s'il a subi une cuisante défaire lors de ces élections, conserve néanmoins la majorité des sièges écossais, en l'occurrence 35 strapontins. Ses progrès sont largement expliqués par une campagne réussie et vigoureuse, et une participation importante, notamment parmi les jeunes électeurs. Les dirigeants européens pensaient également qu'en renforçant sa majorité au Parlement, elle serait mieux en même de résister à la pression des tenants de la ligne dure de son parti. Se dessine même à Bruxelles une interrogation sur le lancement effectif -tout proche- des négociations de la séparation du Royaume-Uni du reste de l'Union: "Les heures et jours à venir vont montrer si la partie (britannique) sera même en mesure de commencer les négociations car sans gouvernement pas de négociations", a affirmé le commissaire européen, en rappelant que beaucoup de temps avait déjà été perdu, les pourparlers entre l'UE et Londres n'ayant toujours pas commencé sur le fond un an après le référendum sur la sortie du Royaume-Uni de l'UE. Son rival Jeremy Corbyn a d'ailleurs vite saisi l'occasion de le faire remarquer en déclarant dans son fief du nord de Londres: "Elle a perdu des sièges conservateurs, perdu des voix, perdu le soutien et surtout la confiance".

Le journal conservateur observe aussi que "c'est la deuxième fois en un an qu'un dirigeant conservateur a fait un mauvais calcul politique important", se référant à la décision de David Cameron d'organiser un référendum sur le Brexit, dont il pensait que l'électorat allait le rejeter. Elle s'est retrouvée seule candidate en lice, élue seulement par les députés, mais pas par les adhérents, puisqu'elle était tout seule.

Le Parti vert a fait élire un candidat, mais le Parti pour l'indépendance du Royaume-Uni (UKIP) a fait chou blanc et son leader Paul Nuttall a immédiatement remis sa démission. Corbyn sort malgré tout gagnant de cette élection, estime Agnès Alexandre-Collier. Lorsque Mme May a annoncé le scrutin en avril, les sondages prédisaient aux conservateurs une avance confortable de 20 points sur leur principal rival, le Parti travailliste.

Les Libéraux démocrates (LibDems), qui étaient presque inexistants à la Chambre avec 9 députés, se renforcent de quelques sièges.

Theresa May mise en difficulté?



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