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La Réserve fédérale relève encore ses taux

La Réserve fédérale relève encore ses taux”

À l'issue d'une réunion de deux jours à Washington, son comité de politique monétaire (FOMC) a relevé d'un quart de point la fourchette du taux interbancaire qui détermine en grande partie le coût du crédit aux États-Unis, d'un quart de point. Vu la hausse de EUR/USD sur le forex depuis quelques temps, Janet Yellen ne s'est pas gênée pour rehausser ses taux étant donné que le risque est actuellement limité concernant une trop forte appréciation du Dollar.

Pour l'année prochaine, aux quatre hausses prévues par l'institution, s'ajoutera la réduction du bilan de la Fed, ce qui est "une forme de resserrement monétaire", et donc "positif pour le dollar".

Un membre du Comité a voté contre cette décision, Neel Kashkari de la Fed de Minneapolis, qui préférerait conserver la politique monétaire actuelle très accommodante.

La Fed se dit prête à interrompre ce processus de désinvestissement s'il y avait "détérioration matérielle des perspectives économiques qui exigerait une baisse sensible des taux d'intérêt".

"On voit une Fed qui est quand même relativement déterminée à continuer à monter les taux, trois hausses de taux c'est ce qu'on attendait depuis le début de l'année", a expliqué à l'AFP Antoine Lesné, directeur de la stratégie et de la recherche pour la zone Europe, Moyen-Orient, Afrique chez SPDR ETFs (filiale de State Street Global Advisors). "Le ton neutre de la déclaration surprend un peu, en indiquant que la Fed fera peut-être une pause avant de relever de nouveau les taux".

Au premier trimestre, l'économie américaine a progressé de 1,2 % en rythme annualisé, en net ralentissement par rapport au 4 trimestre 2016. Toutefois, les représentants de la Fed s'attendent à ce qu'elle reprenne de la vigueur alors que la croissance économique devrait s'accélérer.

Alors qu'elle s'acheminait vers l'objectif de 2% que la Fed estime sain pour l'économie, la hausse des prix est redescendue à 1,7% sur un an en avril. Le taux de chômage aux États-Unis est tombé en mai à son plus bas niveau en 16 ans (4,3 %) en dépit de créations d'emploi décevantes ce mois-ci. A ce niveau, alors que les entrepreneurs commencent à avoir du mal à pourvoir des postes, les salaires devraient commencer à augmenter et de ce fait, nourrir l'inflation.

La seule inquiétude de la Fed concerne le niveau d'inflation. Mais pour l'instant, chaque dette arrivant à maturité dans son Bilan déclenche automatiquement un nouvel achat de dette, empêchant donc le Bilan de se réduire pour le moment. La Fed a accumulé un bilan de 4500 milliards de dollars en bons du Trésor et titres appuyés sur des créances immobilières. Celle-ci a renouvelé la confiance qu'elle place dans l'économie américaine soulignant notamment la nette amélioration du marché du travail.

"Cela signifie qu'il pourrait coûter plus cher aux consommateurs et aux entreprises d'emprunter", alors qu'au cours des dernières années, les taux d'intérêt ont stagné à des niveaux historiquement bas, rappelle l'agence de presse.



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