Médecine

Les systèmes d'information nutritionnelle jugés peu pertinents — Alimentation

Les systèmes d'information nutritionnelle jugés peu pertinents — Alimentation”

Dix semaines après la mise en place du nouveau système d'étiquetage des produits nutritionnels, l'heure est au premier bilan.

Voilà qui ne va pas faire plaisir à celles et ceux qui se battent pour que les aliments sains soient plus facilement identifiables en magasin: selon un avis de l'Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail) publié mardi 14 février 2017, les étiquettes nutritions "ne paraissent pas adaptées " pour lutter conter les principaux fléaux visés par le ministère de la Santé: l'obésité, le surpoids ou encore les maladies cardiovasculaires.

Aujourd'hui, il en existe cinq: nutri-couleurs, nutri-repères, nutri-score, SENS et le système "Health Star Rating", utilisé en Australie et en Nouvelle-Zélande. L'avis sera rendu en mars-avril. L'ANSES remarque tout d'abord que le réel objectif des systèmes d'information nutritionnelle (SIN) est de "réduire l'incidence des pathologies " favorisées par de "mauvais" comportements alimentaires.

Le nouvel étiquetage devait rendre plus compréhensibles les informations actuelles qui détaillent la quantité de glucides, protides, lipides par portion de 100 grammes et parfois la teneur en vitamines. Et donc que leur " pertinence nutritionnelle dans une perspective de santé publique n'est pas démontrée ".

L'organisme sanitaire a analysé la façon dont ces systèmes ont été construits et leur capacité à "orienter le comportement du consommateur". Les travaux relatifs à l'effet de SIN sur le consommateur sont en nombre limité et présentent des résultats contrastés, tant sur des variables quantitatives (fréquences d'achat) que sur des variables qualitatives (compréhension de l'information et qualité nutritionnelle de l'achat).

"Compte-tenu de ces éléments, l'Anses estime que la mécanique de construction des SIN examinés, tant dans la mobilisation des variables que dans leur combinaison, apparaît peu pertinente au plan nutritionnel". De possibles effets contradictoires sont suggérés, tels des effets de halo susceptibles de biaiser l'information perçue par le consommateur et d'induire un comportement inapproprié.

Aux yeux de ces derniers, la mise en œuvre d'un système d'information nutritionnelle apparaît donc davantage comme une mesure d'accompagnement, qui ne suffit pas en elle-même.



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