Médecine

Enquête après 5 décès brutaux — Chimiothérapie par docétaxel

Enquête après 5 décès brutaux — Chimiothérapie par docétaxel”

L'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) informe, dans un courrier adressé aux professionnels de santé, mercredi 15 février, de la survenue de 6 cas d'entérocolites sur terrain neutropénique, dont 5 ayant conduit au décès, chez des patientes traitées par docétaxel. Tous ces cas concernaient des femmes, âgées de 46 à 73 ans, atteintes d'un cancer du sein.

Un pharmacologue, interrogé par Le Figaro, précise que "le pronostic était visiblement bon " pour ces patientes. Plusieurs génériques sont apparus par la suite, et ils représentent plus de 50% du marché pour ce produit. Elles étaient traitées par docétaxel, en monothérapie ou en association. En parallèle l'ANSM en contact avec le groupe hospitalier UniCancer leur a demandé de transmettre toutes les notifications de pharmacovigilance " peut-on lire dans le compte-rendu de séance, publié sur le site de l'agence le 13 février.

" La neutropénie est l'effet indésirable le plus fréquent observé avec [cette molécule]".

L'Institut Gustave Roussy, touché par des décès, a déjà cessé d'utiliser le médicament générique du laboratoire Accord à base de docétaxel pour le traitement du cancer du sein.


Celui-ci est généralement prescrit dans des cas de cancer du sein (adjuvant dans le cancer du sein opérable, cancer du sein localement avancé ou métastatique), du poumon, de la prostate, des voies aéro-digestives ou de cancer gastrique. L'ANSM souligne toutefois que le paclitaxel peut constituer une alternative au docétaxel. Et Dominique Martin d'insister: "Il faut faire l'évaluation du bénéfice/risque si on décide de supprimer le docétaxel du marché, de le suspendre". Un premier décès similaire le 1er juin 2016 avait également fait l'objet d'un signalement par l'Institut Curie.

Comme tout médicament en général, et anti-cancéreux en particulier, il existe des effets secondaires.

La présentation des résultats de l'enquête est prévue le 28 mars 2017.

Alertée au mois d'août 2016 de la survenue de chocs septiques sur entérocolite (inflammation de la muqueuse de l'estomac et de l'intestin) après administration de docétaxel, l'ANSM a rapidement identifié le générique fabriqué par l'indien Accord, une filiale d'Intas Pharmaceuticals LTD, comme le possible fauteur de trouble, et cela, sur plusieurs lots. Ainsi, pour au moins un générique de Taxotère, des discussions avaient eu lieu au sein de l'Agence européenne du médicament en raison de l'absence d'étude de bioéquivalence confirmant que le générique produisait des taux de principe actif dans le corps comparables au princeps.



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