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En Algérie, Emmanuel Macron qualifie la colonisation de "crime contre l'humanité"

En Algérie, Emmanuel Macron qualifie la colonisation de

Les mots sont forts et marquent une rupture.

"En voyage en Algérie en début de semaine, Emmanuel Macron a qualifié la colonisation de " crime ", de " crime contre l'humanité " et de " vraie barbarie ", dans une interview à la chaîne algérienne Echorouk News, diffusée mardi 14 février. "Je suis bouleversé qu'une personnalité politique française telle qu'Emmanuel Macron vienne aujourd'hui discréditer la grande histoire de France", a abondé le président du conseil régional de Provence-Alpes-Côte d'Azur Christian Estrosi, toujours sur Twitter. "Ça fait partie de ce passé que nous devons regarder en face en présentant aussi nos excuses à l'égard de celles et ceux envers lesquels nous avons commis ces gestes", a-t-il affirmé au cours de cet entretien.

Revenant sur des propos tenus en novembre dernier, alors qu'il disait: " Oui, en Algérie, il y a eu la torture, mais aussi l'émergence d'un Etat, de richesses, de classes moyennes, c'est la réalité de la colonisation. Ca veut dire qu'Emmanuel Macron n'a aucune colonne vertébrale. "Je ne parlais pas que de l'Algérie", a rappelé le candidat, avant de préciser sa pensée: "Il est inadmissible de faire la glorification de la colonisation".


Certain ont voulu faire cela en France, il y a dix ans. "Jamais vous ne m'entendrez tenir ce genre de propos". Il avait été finalement retiré. Il a cependant ajouté: "Tout en reconnaissant ce crime, je ne veux pas qu'on tombe dans la culture de la culpabilisation sur laquelle on ne construit rien".

"Opposer les Français, ressortir ces histoires pour diviser, pour remobiliser, je vois bien les soucis électoraux qu'il y a derrière tout ça". En 2015, pour la première fois, un membre du gouvernement français - le secrétaire d'Etat chargé des Anciens combattants, Jean-Marc Todeschini - avait participé à Setif à la commémoration du massacre de milliers d'Algériens sous la colonisation française.

Je ne me lancerai pas dans un examen historique précis de la période coloniale, débat que je laisse aux universitaires qui étudient cette matière, mais il est, à l'évidence, scandaleux qu'un candidat à l'élection présidentielle puisse se permettre de professer des jugements anachroniques sur sa propre nation depuis un pays étranger. "En même temps, il ne faut pas balayer tout ce passé (.) ll y a une jolie formule qui vaut pour l'Algérie: 'La France a installé les droits de l'homme En Algérie. Simplement, elle a oublié de les lire".



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